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06 avril 2008

Les écoles de Châtenois et La Vancelle

Belle et intéressante soirée que celle proposée par le groupe "Patrimoine et Histoire" de Châtenois, vendredi dernier. Le thème des écoles a attiré une grosse affluence, avec une importante délégation de La Vancelle, à l'espace des Tisserands.

Les recherches d'archives effectuées par Luc Adoneth et Jean-Philippe Dussourd ont permis de mettre à jour l'histoire de la construction des bâtiments actuels.
A La Vancelle, l'école semble avoir d'abord fonctionné pendant une vingtaine d'années, dans une maison louée par un particulier, Jean Baptiste Gérard, à l'emplacement de l'école actuelle. Après achat du bâtiment par la commune, une autre vingtaine d'années a été nécessaire avant que de réels travaux soient entrepris. C'est finalement sous l'administration allemande qu'une subvention gouvernementale permit la destruction de l'ancienne école et la construction du bâtiment actuel de 1884 à 1886.
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Les mêmes recherches ont également permis d'éclairer la vie du village à l'époque.

Morceaux choisis :
"La Vancelle n'a pas d'école ni d'instituteur. ses enfants sont restés à l'état de sauvages et sont laissés dans l'abrutissement."
Courrier du Comité supérieur d'Instruction primaire de Schlestadt en 1835

"Le hameau de La Vancelle est absolument privé de l'instruction primaire. Son éloignement à un myriamètre de la Commune de Châtenois, dont il fait partie, ne permet pas aux familles qui l'habitent d'envoyer leurs enfants à l'école communale, les eaux du torrent du Giessen en outre, interceptent à certaines époques de l'année, toute communication entre Châtenois et le hameau. (…) Pauvre, à demi sauvage, l'habitant de La Vancelle reste isolé des populations environnantes. Sa seule ressource c'est de travailler dans les bois et d'entretenir quelques chèvres."
Courrier du Comité supérieur d'Instruction primaire de Schlestadt en 1838

"L'instituteur (de La Vancelle) a été condamné au tribunal de Sélestat pour avoir volé. Ensuite il a aussi été destitué par le comité de Sélestat. Malgré qu'il soit destitué, il occupe encore la maison d'école. (…) Il paraît que M. le Maire de Châtenois le soutient. Car je sais que le maire de Châtenois a acheté du bois à l'instituteur pendant le courant du mois de septembre dernier bien qu'il était déjà destitué."
Courrier du Curé de Lièpvre au Préfet en 1844, au sujet de l'instituteur Diss

"Il est très difficile de pouvoir percevoir de rétribution mensuelle des habitants, se trouvant eux-mêmes dans une indigence pour ainsi dire complète, gagnant très peu, hors d'état de se procurer le plus nécessaire à leur propre entretien. J'ai à peu près 192 F de rétribution mensuelle à toucher, mais avec cet argent je suis obligé de me procurer le bois de chauffage pour mon ménage et la salle d'école et en outre les dits habitants voudraient encore que je fournisse à leurs enfants, plumes, papier et encre pour toute l'année. Ne l'ayant encore fait, on me retient 10 c par mois par enfant. (…) Depuis que l'on paye 80 c la miche de pain, il m'a été impossible d'en acheter."
Courrier de l'instituteur Huber au sous-préfet en 1846
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Une présentation spéciale d'un extrait de cette conférence à La Vancelle est à l'étude. Des contacts sont en cours dans ce but avec le groupe "Patrimoine et Histoire".

Pierre Siéler